lundi 8 septembre 2008

Politique extérieure russe : le Kremlin affiche clairement ses ambitions...

L'arrivée aujourd'hui à Moscou du Chef de l'Etat Nicolas Sarkozy, accompagné du Président de la Commission européenne, Juan Manuel Barroso et du Haut-représentant pour la politique étrangère et de la sécurité commune de l'UE, Javier Solana, venus négocier le retrait des troupes russes de Poti (Géorgie) et l'envoi d'observateurs européens dans la province géorgienne d'Ossétie du Sud est l'occasion de faire le point sur le conflit et sur la politique étrangère du Kremlin.
Dans la nuit du 7 au 8 aout dernier, le gouvernement géorgien décide de passer à l'attaque dans la province sécessioniste d'Ossétie du Sud controlée par des milices pro-russes. En effet, depuis l'annonce par la Géorgie, ex république soviétique, de son intention d'intégrer en décembre prochain l'OTAN et de mettre donc sa sécurité entre les mains de l'Occident tout en sortant du giron de "l'ours" russe, le Kremlin mène une politique visant à soutenir les milices ossétes dans le but d'affaiblir l'autorité du gouvernement de Tbilissi. Suite à l'attaque de l'armée géorgienne, Le Président russe Dimitri Medvedev fit procéder à une série de bombardements et au déploiement de troupes russes dans la région, accusées d'exactions vis-à-vis des populations solidaires du régime géorgien. Le 15 aout un accord de cessez-le-feu met fin au conflit sans régler les questions de gouvernances en Ossétie du Sud. Ultime provocation russe le 26 aout dernier, après la reconnaissance, par le Kremlin, de l'indépendance de l'Ossétie du Sud et l'instauration d'un "Président osséte" en la personne d'Edouard Kokoiti, un milicien pro-russe agé de 43 ans, au mépris de la communauté internationale. En réponse à cette reconnaissance unilatérale, les 27 pays européens ont décidé de "suspendre la politique de partenariat" avec la Russie. Des blames qui sont loin d'intimider le régime russe, qui connait la situation de dépendance énergétique (pétrole mais surtout gaz) de l'UE vis à vis de la Russie.

Cette politique extérieure menée par le Kremlin pourrait bien s'étendre à l'Ukraine, qui comme la Géorgie entend faire son entrée à l'OTAN en décembre prochain, sous l'impulsion de son Président pro-occidental, Viktor Iouchtchenko. Toutefois la semaine dernière, une majorité des députés du parti présidentiel "Notre Ukraine" ont décidé de quitter la coalition formée autour de Iouchtchenko en votant d'une part contre un texte condamnant l'intervention russe en Géorgie, avant d'adopter un amendement constitutionnel réduisant les pouvoirs présidentiels. Le Président Iouchtchenko parle lui de "coup d'Etat parlementaire". Une nouvelle coalition pourrait se former autour de Ioulia Tymochenko, ( candidate favorite du Kremlin pour les élections de 2010 en Ukraine) du parti des régions et du parti communiste, le tout formant un bloc pro-russe qui pourrait disposer d'une large majorité au Parlement.

Que ce soit par les armes ou par l'ingérence politique, Il semblerait bien que Moscou cherche à renforcer son poids dans la région, le but affiché par le Kremlin étant d'empecher tout rapprochement de ses voisins avec les Etats-Unis et l'Europe pour conserver un poids prépondérant sur la scène internationale, une volonté aussi bien revendiqué par le Président Medvedev que par le Premier ministre Poutine.

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