
La venue de Nicolas Sarkozy, arrivé hier à Damas est un petit événement en Syrie. En effet, cela faisait près de cinq ans qu'un Chef d'Etat occidental, n'avait pas foulé le sol de la capitale syrienne. Depuis l'assassinat de l'ex Premier ministre Libanais, Rafic Hariri, en février 2005, tué dans un attentat dans lequel les services secrets syriens seraient impliqués, les puissances occidentales avaient décidé de mettre un terme aux relations diplomatiques avec Damas. Jacques Chirac, Président de la République de l'époque et proche de la famille Hariri, en avait d'ailleurs fait de meme. Sarkozy a lui décidé de lever le gèle des relations franco-syriennes en faisant venir tout d'abord le Président Bachar al-Assad, au sommet fondateur de l'Union pour la Méditerranée le 13 juillet à Paris, avant d'inviter son homologue syrien à assister au défilé du 14 juillet en tribune officiel s'il vous plait...
Une question se pose alors, pourquoi un tel geste? Peut etre pour se faire au nom de la France et de l'Europe le porte-parole des Droits de l'Homme à travers le monde comme l'avait en son temps laisser entendre le candidat Sarkozy à l'éléction présidentielle, ou pour normaliser la situation libanaise comme on nous le dit... pas évident avec un régime syrien qui s'est spécialisé dans une politique d'assassinats de dirigeants politiques, un régime où le conseiller militaire du Président al-Assad, Mohammad Sleiman est mystérieusement tué à son domicile alors qu'il devait etre entendu dans le cadre de l'enquete Hariri. Si ce n'est pour le Liban cela doit etre pour demander l'appui de Damas dans les négociations du Conseil des six avec Téhéran pour l'arret du programme nucléaire iranien...et non refus de Bachar al-Assad. Alors c'est pour relancer les négociations de paix entre Israel et la Syrie... ce serait possible en effet, si la France n'apparaissait pas comme une puissance de second plan dans un Moyen-orient où la plupart des questions diplomatiques passent par les Etats-Unis... C'est donc la perspective pour Total de signer des contrats d'extension de ses périmètres d'exploitation en Syrie... peut-etre... Le vrai bénéficiaire de cette visite pourrait bien etre Bachar al-Assad, qui en s'affichant avec un Chef d'Etat occidental donne l'image d'une ouverture diplomatique syrienne en légitimant par la meme occasion sa politique extérieure aux yeux des syriens.
Le candidat de 2007 ardent défenseur des "valeurs de la France à travers le monde" semble etre bien loin du Président de 2008 adepte de la real politik. Au final comme le disait le ministre des Affaires étrangères de Nicolas Sarkozy, Bernard Kouchner sur le plateau de l'émission "A vous de juger" il y'a quelques mois sur France 2 : "Gouverner c'est toujours un peu trahir".

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