mercredi 24 septembre 2008

La crise financière au coeur des discussions de la 63ème Assemblée Générale des Nations Unies.

La crise financière internationale a tenu le devant de la scène lors de la 63ème Assemblée Générale de l'ONU à New-York. Exit donc, le Darfour, la Géorgie et le programme nucléaire iranien, au grand damne du Secrétaire Général des Nations-Unies, le sud-coréen Ban Ki-moon.

Dans un discours devant les représentants des 192 Etats membres de l'organisation, le Président Sarkozy au nom de l'Union Européenne et de la France a appelé à un réglement "collectif" de ce qu'il a nommé "la plus grave crise depuis 1930". Le pourtant très atlantiste Chef de l'Etat a plaidé pour un "capitalisme régulé". Peut etre nous orientons nous enfin, vers la fin de la déréglementation totale des marchés financiers. Le toujours très pragmatique Nicolas Sarkozy a souhaité que "les responsables de la crise soient sanctionnés" tout en évitant d'une part de mentionner les dits responsables, sans préciser la nature des "sanctions" d'autre part.

C'est dans ce climat que le Trésor américain a présenté devant le Congrès son plan de sauvetage, d'un montant record de 700 milliards de dollars, soit 5% du PIB des Etats-Unis. Déjà des voix démocrates et républicaines se sont fait entendre chez les parlementaires pour protester contre ce plan, financé par le contribuable américain, en vue du rachat d'actifs "pourris" par la crise des subprimes ( il serait bon de rappeler ce que sont les subprimes : il s'agit de crédits immobiliers insolvables, transformés par les banques d'investissements en titres, greffés à d'autres titres et revendus sur les marchés financiers. Si bien qu'au bout de cette opération opaque, les investisseurs ne savaient meme pas qu'ils avaient acheté un produit financier exposé au risque immobilier américain, le tout dissimulé sous un ensemble d'actifs).

Cette faillite du système financier capitaliste, tel qu'il est pratiqué aujourd'hui, traduit de façon flagrante le besoin de traçabilité, d'encadrement législatif, de transparence et de surveillance des transactions et des marchés financiers. Ce ne sont pas les agents, mais le système dans son ensemble qu'il faut revoir et cela passe avant tout par une volonté politique. Comme le dit Laurent Joffrin dans l'éditorial de Libération, daté de ce jour "il faut construire un nouveau rapport de force entre les citoyens et la finance" afin d'éviter que l'équivalent de trois fois et demi le montant de la dette publique du continent Africain, soit injecter dans le système bancaire américain et éclipse les questions internationales à l'ONU, pour rattraper les folies spéculatives de voyous de la finance.

Aucun commentaire: