
François Fillon a tapé du poing ce matin, suite aux récents "couacs" au sein de l'équipe gouvernementale. Le Premier ministre a tout d'abord annoncé une modification de "fond en comble" du décret autour du système de fichage EDVIGE. En effet les points faisant polémiques ont purement et simplement été supprimés. Il n'est plus question de ficher les responsables d'associations et les leaders syndicaux, exit aussi les informations portant sur la santé et les orientations sexuelles. Enfin en ce qui concerne le fichage des mineurs, il est maintenu dès l'age de 13 ans, la nouveauté c'est qu'en cas de bonne conduite, les informations enregistrées seront effacées à la majorité de l'individu. Ces déclarations sonnent comme une victoire pour la Ligue des Droits de L'Homme et les associations de protection des libertés, en revanche c'est un revers pour la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot Marie, appelée à "revoir sa communication".
Le second dossier chaud qu'a abordé le Chef du gouvernement est celui de l'extension du système de bonus-malus automobile à une vingtaine de familles de produits et la fameuse "taxe pique-nique" voulu par le ministre de l'écologie, Monsieur Jean-Louis Borlot. Cette mesure devait taxer, à hauteur de 0,9 euros les couverts et les assiettes en plastiques. Au sujet du bonus-malus un bras de fer c'était engagé entre le ministre de l'écologie et celui du budget Eric Woerth, qui voyait d'un mauvais oeil cette extension alors que le bonus-malus auto aurait déjà couté près de 200 millions d'euros. La tension était devenue véritablement palpable entre les deux hommes suite aux déclarations de Borlot dans les colones du quotidien Le Figaro, annonçant avoir "mis un 6-0, 6-0, 6-0 à Bercy". François Fillon a mis un terme à ce combat de coqs en annonçant qu'il n'y aurait ni taxe pique-nique, ni extension du bonus-malus. C'est donc un désavoeu clair du Premier ministre envers son ministre d'Etat à l'écologie, c'est aussi la non tenue de certains engagements pris au grenelle de l'environnement et encore une déclaration de campagne du candidat Sarkozy qui passe à la trappe celle d'une "croissance verte". Le maire écologiste de Bègles, Noel Mamère, interviewé lors du 13 heures de France 2 s'en est d'ailleurs vigoureusement pris au Chef de l'Etat, en qualifiant de "trahison" cette volte-face du gouvernement.
A une semaine de la présentation en Conseil des ministres du projet de loi de finances, en pleine crise financière mondiale, après des prévisions de croissance revues à la baisse (entre 1 et 1,4%) le tout ajouté aux polémiques sur le financement du RSA (qui le sera en partie, suite au vote hier par le Parlement du plafonnement des niches fiscales).... ambiance, ambiance quand tu nous tiens...

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire